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AI Act pour les PME : ce qui s'applique après le report

10 min de lecture

Publié par Keywebin, agence digitale site web, SEO, GEO et IA. Mis à jour le 26 octobre 2026.

Réponse rapide

Modifié par le règlement (UE) 2026/1744, l'AI Act s'applique par étapes. Les pratiques interdites et l'obligation de maîtrise de l'IA valent depuis le 2 février 2025. Les règles de transparence s'appliquent depuis le 2 août 2026 : chatbots, contenus truqués, textes publiés pour informer le public. Les obligations des systèmes à haut risque sont reportées au 2 décembre 2027 ou au 2 août 2028. Une PME qui utilise ChatGPT est surtout concernée par la transparence et l'information de ses équipes.

Un matin, un éditeur de logiciel vous écrit que « l'AI Act est reporté ». Le lendemain, un organisme vous annonce l'inverse et vous propose une mise en conformité urgente. Entre les deux, vous utilisez ChatGPT pour vos devis, un assistant répond aux visiteurs de votre site, et vous ne savez plus ce qui s'applique. La question de l'AI Act pour les PME mérite une réponse claire, date par date.

Le règlement européen sur l'intelligence artificielle n'a pas été suspendu. Il a été modifié par le règlement (UE) 2026/1744 du 8 juillet 2026, qui décale surtout les obligations des systèmes dits « à haut risque ». Le reste du calendrier tient.

Cet article donne les dates en vigueur, explique quel rôle joue votre entreprise au sens du texte et détaille ce qui la concerne déjà. Il s'arrête au calendrier et aux catégories de risque : la formation des équipes a son propre article.

Dirigeant de PME qui consulte une frise du temps dont une partie est décalée, image du calendrier de l'AI Act

Ce que le report a changé, et ce qu'il n'a pas changé

Le texte de base est le règlement (UE) 2024/1689, appelé AI Act. En juillet 2026, l'Union a adopté un texte de simplification, le règlement (UE) 2026/1744 du 8 juillet 2026. Publié au Journal officiel de l'Union le 24 juillet 2026, il est entré en vigueur trois jours plus tard.

Ce texte modifie l'AI Act sur plusieurs points. Il décale l'application des règles des systèmes dits « à haut risque ». Il réécrit l'obligation de maîtrise de l'IA de l'article 4. Il crée aussi la catégorie des « petites entreprises à moyenne capitalisation », qui profitent comme les PME de plafonds d'amende allégés.

Ce qu'il ne change pas compte autant. Les pratiques interdites s'appliquent toujours depuis le 2 février 2025. Le règlement s'applique de façon générale depuis le 2 août 2026. Les obligations de transparence de l'article 50 sont entrées en application à cette même date.

Article 113 de l'AI Act, version consolidée au 27 juillet 2026 : le règlement s'applique depuis le 2 août 2026. Les règles des systèmes à haut risque de l'annexe III s'appliquent au 2 décembre 2027, celles de l'annexe I au 2 août 2028.

AI Act et PME : êtes-vous fournisseur ou déployeur ?

Le texte ne classe pas les entreprises selon leur taille, mais selon leur rôle. Deux rôles concernent une PME.

Le déployeur utilise un système d'IA sous sa propre autorité, dans un cadre professionnel. C'est le cas de la plupart des PME : un cabinet qui rédige ses courriers avec ChatGPT, une agence immobilière qui résume ses visites avec un outil d'IA, une boutique qui installe un assistant de discussion acheté à un éditeur.

Le fournisseur développe un système d'IA, ou le fait développer, puis le met sur le marché ou en service sous son propre nom ou sa propre marque. Une PME peut le devenir sans s'en rendre compte. Prenons, à titre d'exemple, une société de services qui fait concevoir un assistant sur mesure et le propose à ses clients sous sa marque. Pour cet outil, elle porte les obligations du fournisseur.

Une utilisation personnelle, hors activité professionnelle, ne fait pas de vous un déployeur. Dès que l'outil sert votre entreprise, en revanche, vous l'êtes. Ce rôle commande tout le reste : le fournisseur porte la conception et la documentation, le déployeur porte des obligations plus légères, mais bien réelles.

Dirigeante de PME qui classe ses outils d'IA sur un grand tableau, entre l'usage et la création

Faites l'exercice outil par outil. Votre logiciel de facturation qui propose une fonction d'IA, votre outil de rédaction, votre assistant de discussion, votre standard : pour chacun, notez qui l'a conçu, sous quel nom il est proposé et à qui il s'adresse. Cette liste suffit souvent à lever la moitié des doutes.

Le calendrier en vigueur depuis le règlement (UE) 2026/1744

Voici les dates utiles à une PME, telles qu'elles résultent de l'article 113 consolidé au 27 juillet 2026.

Les dates de l'AI Act après le règlement (UE) 2026/1744
DateCe qui s'appliqueCe que cela veut dire pour une PME
2 février 2025Dispositions générales et pratiques interdites (chapitres I et II), dont la maîtrise de l'IAInformer ses équipes sur leurs outils et écarter toute pratique interdite
2 août 2026Application générale du règlement et transparence de l'article 50Signaler un chatbot, les contenus truqués et certains textes générés
2 décembre 2026Marquage des contenus générés par les outils déjà sur le marché, interdiction des systèmes qui génèrent des contenus intimes d'une personne identifiable sans son consentement ou des contenus pédopornographiquesVérifier auprès de vos éditeurs que leurs outils marquent les contenus
2 décembre 2027Systèmes à haut risque de l'annexe III (recrutement, crédit, éducation et autres domaines)Vérifier si un outil de tri de CV ou de notation entre dans la liste
2 août 2028Systèmes à haut risque de l'annexe I, liés aux textes européens sur la sécurité des produits (jouets, ascenseurs, dispositifs médicaux)Concerne d'abord les équipements qui intègrent de l'IA

Le report porte donc sur les deux dernières lignes. Les trois premières sont acquises, ou le seront dans quelques semaines.

Ce qui s'applique déjà à une PME qui utilise ChatGPT

Pour un déployeur d'outils courants, deux règles du texte sont déjà en place, en plus de la transparence vue plus bas.

Écarter les pratiques interdites

L'article 5 interdit depuis le 2 février 2025 une série d'usages. On y trouve les techniques subliminales, l'exploitation des vulnérabilités d'une personne ou la notation sociale, c'est-à-dire l'évaluation des personnes selon leur comportement social ou leur personnalité quand elle conduit à un traitement préjudiciable. Il vise aussi la déduction des émotions d'une personne sur le lieu de travail et dans les établissements d'enseignement, sauf raisons médicales ou de sécurité. Une PME n'y pense pas, mais un outil qui prétend mesurer l'humeur des salariés en visioconférence mérite d'être examiné de près.

Favoriser la maîtrise de l'IA de vos équipes

L'article 4 demande aux déployeurs de prendre des mesures pour favoriser la maîtrise de l'IA de leur personnel. Il vise aussi les autres personnes qui utilisent ces outils pour leur compte. Depuis sa réécriture, le texte précise qu'aucun niveau de maîtrise précis n'est exigé. La Commission rappelle que les salariés qui utilisent ChatGPT doivent au moins être informés de ses risques propres, comme les hallucinations. Ce que cela demande concrètement, sans surcoût inutile, est détaillé dans notre article Formation IA obligatoire ? Ce que l'AI Act exige vraiment.

Le reste relève du bon sens plus que du règlement : relire les réponses, ne pas confier de données confidentielles à un outil grand public, garder la décision finale. Nous détaillons ces réflexes dans les cinq erreurs IA à éviter en petite entreprise et dans notre guide ChatGPT pour PME.

Chatbot, standard IA, contenus publiés : la transparence depuis le 2 août 2026

L'article 50 s'applique depuis le 2 août 2026. Il touche directement les PME qui placent une IA face à leurs clients ou au public.

Un chatbot ou un standard téléphonique IA : les personnes doivent être informées qu'elles échangent avec un système d'IA, sauf si c'est évident pour une personne raisonnablement attentive. Le texte confie cette obligation au fournisseur, qui doit concevoir l'outil en ce sens. Selon la Commission, l'information doit être donnée dès le début du premier échange. En pratique, vérifiez que l'assistant de votre site ou votre standard se présente comme une IA dès sa première phrase. Pour le téléphone, nous détaillons ce point dans notre article sur le standard téléphonique IA.

Les images, sons ou vidéos truqués : le déployeur qui diffuse un « deep fake », c'est-à-dire un contenu truqué, doit indiquer que ce contenu a été généré ou manipulé artificiellement. La Commission précise que cette information doit être claire et donnée au plus tard lors de la première exposition. Une vidéo où l'on fait parler une personne réelle grâce à l'IA entre dans ce cas.

Les textes publiés pour informer le public : un texte généré par IA et publié pour informer le public sur des questions d'intérêt public doit être signalé. L'obligation tombe si le texte a fait l'objet d'un examen humain ou d'un contrôle éditorial et qu'une personne en assume la responsabilité éditoriale. Selon la Commission, cet examen porte sur le fond : une simple correction orthographique ne suffit pas. Un article relu sur le fond, puis publié sous la responsabilité de votre entreprise, peut donc relever de cette exception.

Le marquage technique des contenus générés, prévu au paragraphe 2, pèse sur les fournisseurs d'outils. Pour les systèmes mis sur le marché avant le 2 août 2026, il ne s'impose qu'à partir du 2 décembre 2026. Demandez simplement à vos éditeurs où ils en sont.

Haut risque : ce qui est reporté, et qui est concerné

C'est le cœur du report. Les obligations des systèmes à haut risque de l'annexe III s'appliqueront au 2 décembre 2027. Celles de l'annexe I, liées à l'article 6, paragraphe 1, s'appliqueront au 2 août 2028.

L'annexe III liste huit domaines : la biométrie, les infrastructures critiques, l'éducation et la formation professionnelle, l'emploi et la gestion des travailleurs, l'accès aux services essentiels, la répression, les migrations et l'administration de la justice.

Deux cas touchent directement des PME. Le premier est un outil qui diffuse des offres d'emploi ciblées, filtre les candidatures ou évalue des candidats. Le second est un outil qui évalue la solvabilité de particuliers ou établit leur score de crédit, hors détection de fraude. Si vous déployez un tel outil, des obligations s'appliqueront à vous à partir du 2 décembre 2027.

Responsable du recrutement qui vérifie le calendrier de l'AI Act avant d'adopter un outil de tri de candidatures

Ces obligations du déployeur figurent à l'article 26. Il faudra prendre des mesures techniques et organisationnelles appropriées. Il faudra confier le contrôle humain à des personnes qui ont la compétence, la formation et l'autorité nécessaires. Les journaux générés par l'outil, lorsqu'ils sont sous votre contrôle, devront être conservés au moins six mois. Avant la mise en service sur le lieu de travail, l'employeur devra informer les représentants du personnel et les salariés concernés.

Le report donne du temps. Il ne dispense pas de choisir dès maintenant un outil dont l'éditeur prépare sa conformité, plutôt que d'en changer dans un an.

Sanctions : ce que le texte prévoit pour une PME

Les plafonds sont élevés sur le papier. Une pratique interdite expose à une amende pouvant atteindre 35 millions d'euros ou 7 % du chiffre d'affaires annuel mondial. Un manquement aux obligations du déployeur d'un système à haut risque, ou à la transparence de l'article 50, peut coûter jusqu'à 15 millions d'euros ou 3 % de ce chiffre d'affaires.

Pour une grande entreprise, le plafond retenu est le plus élevé des deux. Pour une PME, la règle s'inverse et c'est le plus bas qui s'applique. Le règlement 2026/1744 étend ce traitement aux petites entreprises à moyenne capitalisation pour une partie des amendes. Les États membres doivent aussi tenir compte des intérêts des PME et de leur viabilité économique.

Article 99, paragraphe 6, de l'AI Act : pour les PME, y compris les jeunes pousses, chaque amende est plafonnée au pourcentage ou au montant prévu, selon celui des deux qui est le plus bas.

Les autorités nationales de surveillance du marché contrôlent l'application des règles depuis le 2 août 2026, date d'application générale du règlement. Pour une PME, le risque le plus probable n'est pas l'amende maximale. C'est un outil mal choisi, un client mal informé ou une décision prise sans contrôle humain.

Conclusion : un calendrier à suivre, pas une urgence à acheter

L'AI Act n'est pas suspendu. Pour une PME qui utilise des outils courants, le socle est déjà en place : aucune pratique interdite, des équipes informées des risques, et de la transparence dès qu'une IA parle à vos clients. Les obligations lourdes du haut risque arrivent fin 2027, et seulement pour des usages précis.

Une méthode simple suffit. Listez vos outils, identifiez votre rôle pour chacun, puis fixez quelques règles écrites dans une charte IA d'entreprise. Chez Keywebin, nous menons ce travail lors d'un audit IA pour PME : inventaire des usages, lecture du texte appliquée à votre cas, plan d'action daté. Nous accompagnons aussi vos équipes avec une formation IA adaptée à vos outils.

Sources

  1. EUR-Lex · Règlement (UE) 2026/1744 du 8 juillet 2026 modifiant le règlement (UE) 2024/1689
  2. EUR-Lex · Règlement (UE) 2024/1689 sur l'intelligence artificielle, version consolidée au 27 juillet 2026
  3. Commission européenne · Questions-réponses sur les obligations de transparence de l'article 50 (en anglais)
  4. Commission européenne · Questions-réponses sur la maîtrise de l'IA (en anglais)

Questions fréquentes.

Une PME qui n'utilise que des outils grand public est-elle concernée par l'AI Act ?
Oui. Le texte appelle « déployeur » toute personne qui utilise un système d'IA sous sa propre autorité, hors usage personnel. Une PME qui rédige avec ChatGPT est donc déployeur. Ses obligations restent limitées : écarter les pratiques interdites, favoriser la maîtrise de l'IA de ses équipes et respecter la transparence quand elle diffuse des contenus truqués ou certains textes générés.
Les pratiques interdites sont-elles aussi concernées par le report ?
Non. Le chapitre II de l'AI Act, qui liste les pratiques interdites, s'applique depuis le 2 février 2025 et le règlement 2026/1744 n'a pas décalé cette date. Il a au contraire ajouté une interdiction des systèmes qui génèrent des contenus intimes ou sexuellement explicites réalistes d'une personne identifiable sans son consentement, ou des contenus pédopornographiques, applicable à partir du 2 décembre 2026.
Un logiciel qui trie les CV fait-il de mon entreprise un utilisateur de système à haut risque ?
C'est possible. L'annexe III vise les systèmes d'IA destinés au recrutement ou à la sélection, notamment pour filtrer les candidatures et évaluer les candidats. Si votre outil fait cela, vous en êtes le déployeur. Les obligations correspondantes de l'article 26, comme le contrôle humain et la conservation des journaux, s'appliqueront à partir du 2 décembre 2027.
Depuis quand les autorités peuvent-elles contrôler l'usage de l'IA dans une entreprise ?
Les autorités nationales de surveillance du marché contrôlent et sanctionnent l'application des règles depuis le 2 août 2026, date d'application générale du règlement, comme l'indique la Commission européenne. Les règles déjà applicables, comme les pratiques interdites et la transparence de l'article 50, peuvent donc donner lieu à des contrôles. Les obligations du haut risque, elles, ne seront exigibles qu'à leurs dates reportées.
Une newsletter rédigée avec l'IA doit-elle porter une mention ?
Pas forcément. L'article 50 vise les textes générés par IA et publiés pour informer le public sur des questions d'intérêt public, comme la politique, la santé publique ou l'environnement. Une newsletter commerciale n'entre en général pas dans ce champ. Et l'obligation tombe si le texte a été relu sur le fond par un humain et qu'une personne en assume la responsabilité éditoriale.

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